DRÔME

(Dernière mise à jour le 13 septembre 2011)

D'une longue tradition de gauche et farouchement républicaine, la Drôme est cependant légèrement dominée par la droite depuis le début des années 90.

En 1988, seule la 4e circonscription, située dans le nord du département, avait envoyé un député de droite à l'assemblée. Georges Durand avait alors bénéficié d'un bon report de voix du FN, face au maire de Romans Etienne Lapassat. Le bassin d'emploi en crise de la capitale de la chaussure devenait un terreau riche pour l'extrême-droite.

En 1993, M. Durand était réélu et les trois autres députés, tous PS, balayés par la vague bleue. A Valence, Patrick Labaune avait raison d'une gauche en très nette perte de vitesse. A Montélimar, le radical valoisien Thierry Cornillet, qui avait créé la surprise aux municipales de 1989 en prenant ce vieux fief socialiste, transformait l'essai grâce surtout, il est vrai, aux cantons voisins, le député sortant Alain Fort restant majoritaire en ville. Enfin, à Nyons, l'inamovible Henri Michel, ami intime de François Mitterrand, était nettement battu par un jeune polytechnicien, Hervé Mariton.

Les législatives de 1997 marquent une timide reconquête de la gauche, amplifiée par le mode de scrutin. En effet, si toutes les circonscriptions basculent, les victoires sont étriquées. Patrick Labaune est battu par Michèle Rivasi, une proche des écologistes, qui ne l'emporte toutefois que de 33 voix et n'est majoritaire que dans les cantons de Bourg-lès-Valence et Tain-l'Hermitage. Dans la 2e circonscription, le maire de Donzère Éric Besson, a profité d'un mauvais report des voix du FN sur Thierry Cornillet pour s'imposer. La très hétéroclite 3e circonscription préfère un élu des Baronnies, Michel Grégoire, au maire de Crest Hervé Mariton. Enfin, à Romans, Georges Durand chute dans une triangulaire avec le FN, le maire de la ville, Henri Bertholet, l'emportant assez nettement.

Le scrutin de 2002 constitue un retour à la situation de 1988, à fronts renversés: trois élus de droite pour un de gauche. A Valence, Patrick Labaune l'emporte face à Michèle Rivasi, dont la récente implantation n'a pas convaincu. Le retour au duel gauche-droite n'a pas profité à Henri Bertholet, sévèrement battu par le maire d'Hauterives Gabriel Biancheri, qui confirme la bonne implantation de la droite dans le nord.

A noter aussi que ces législatives ont vu le retour en force d'un soutien de Charles Millon au conseil régional, Hervé Mariton, tandis que Franck Reynier, poulain de Thierry Cornillet, animateur de la fronde anti-Millon, ne parvenait pas à s'imposer face au député PS sortant Éric Besson.

C'est justement cette dernière circonscription qui focalise tous les regards en 2007, après le spectaculaire ralliement d'Eric Besson à Nicolas Sarkozy. Désignée candidate au dernier moment, la conseillère générale socialiste Anne-Marie Rème-Pic est battue par Franck Reynier, qui a trouvé cette fois Thierry Cornillet sur son chemin. Mais, candidat du MODEM, l'ancien maire de Montélimar a soutenu son successeur. Tandis que Patrick Labaune et Gabriel Biancheri ont raison de candidates peu expérimentée pour l'un, et parachutée pour l'autre, Hervé Mariton bat une nouvelle fois Michel Grégoire.

Derrière ces succès de droite se cachait Jean Mouton, maire de Pierrelatte de 1971 à 2002. Il est l'homme qui a gagné la bataille du conseil général contre la gauche en 1992. Montélimar, Valence, Chabeuil, Nyons, Tain-l'Hermitage... la liste des fiefs de gauche tombés dans l'escarcelle de la droite cette année-là est longue. En 1994, la nouvelle majorité se renforçait, avec les gains de Bourdeaux et La Chapelle-en-Vercors. Mais le scrutin de 1998 marqua les premières difficultés de la droite. Non seulement la gauche récupéra quelques places fortes, mais elle fit tomber quelques vieux fiefs de droite comme Saint-Jean-en-Royans et surtout Bourg-de-Péage, où le sortant se retira en faveur du FN, ouvrant ainsi la voie au nouveau maire PS, Didier Guillaume.

La courte victoire de Michel Faure à Nyons, dans une triangulaire contre le PS et le FN, priva la gauche de la majorité. A 18 sièges contre 18, Jean Mouton parvint à se maintenir à la tête du département. Une situation qui resta inchangée en 2001. Prudemment, Jean Mouton céda la place au doyen de l'assemblée, Charles Monge, avant de se faire réélire l'année suivante.

Mais 2004 sonna le glas de la majorité de droite. L'opposition, surfant sur ses bons résultats municipaux à Chabeuil, en profita pour prendre le canton. Luc-en-Diois, où Charles Monge ne se représentait pas, succomba également à la vague rose. A Nyons, la triangulaire fut cette fois fatale à Michel Faure. Enfin, le PS remit la main sur son vieux fief de Dieulefit, qui votait à droite depuis 1973. Seul motif de satisfaction pour la droite: les gains des cantons de Valence II et IV, parachevant sa domination sur la préfecture.

Une domination qui prend fin avec les cantonales de 2008. Parallèlement à sa défaite aux municipales, la droite perd deux cantons, Valence III et surtout I, pris à l'UMP par l'ancienne députée Michel Rivasi. La majorité obtient trois sièges supplémentaires, tous situés dans le nord du département: La Chapelle-en-Vercors, Crest-Nord et Saint-Donat-sur-l'Herbasse.

La gauche gagne un siège en 2011. Si elle doit céder Saint-Jean-en-Royans à l'UMP, elle gagne La Motte-Chalancon, sur l'autre versant du Vercors, dominant ainsi tout l'arrière-pays. Le PS prend aussi Valence IV mais perd Dieulefit au profit des écologistes.

A la veille des municipales de 1989, la gauche gouvernait les quatre plus grandes communes de la Drôme, la cinquième, Pierrelatte, restant une citadelle imprenable de la droite. Montélimar fut la première à basculer, même si elle continue globalement à voter à gauche lors des scrutins nationaux. En 1995, à Valence, Patrick Labaune battait de justesse, dans une triangulaire avec le FN, le maire sortant Rodolphe Pesce, affaibli par la perte de son siège de président du conseil général et la défaite de Roger Léron aux législatives. En 2001, M. Labaune était réélu au premier tour face à Michèle Rivasi, qui n'a jamais vraiment convaincu les Valentinois. L'extrême-droite, divisée entre FN et MNR, était éliminée au passage.

La division de la gauche faillit lui faire perdre, en 2001, son fief de Bourg-lès-Valence, le sénateur PS Bernard Piras ne gagnant que de moins de 200 voix la triangulaire l'opposant à la droite et au candidat soutenu par le conseiller général divers gauche Alain Maurice. En revanche, la droite gagna les communes ouvrières de Portes-lès-Valence et Saint-Paul-Trois-Châteaux, cédant à la gauche Nyons et Chabeuil, plutôt acquises aux classes moyennes et aisées.

Alors que les fronts sont restés relativement stables lors des municipales de 2008, Valence a vécu une bascule assez inattendue. Ayant laissé son fauteuil à son adjointe Léna Balsan en cours de mandat, Patrick Labaune obtint près de 47 % au premier tour, face à une gauche divisée entre Alain Maurice et Michèle Rivasi. Mais ceux-ci réussissent la fusion de leurs listes, battant la droite au second tour de 830 voix. Un retour gagnant qui fait écho à celui des communistes dans la commune voisine de Portes-lès-Valence.

Alors qu'elle échoua de peu à conquérir un siège de sénateur en 1998, la droite est cette fois sévèrement battue lors des sénatoriales de 2008, malgré la création d'un troisième siège. Celui-ci est au contraire conquis dès le premier tour par le président socialiste du conseil général, Didier Guillaume. Au second tour, les deux sortants, Jean Besson et Bernard Piras, sont largement reconduits, malgré le maintien des Verts et du conseiller général divers gauche Jean-Pierre Tabardel. En laissant monter au front deux transfuges du MODEM, Thierry Cornillet et Gilbert Bouchet, l'UMP semble s'être désintéressée de ce scrutin.

 

Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, La Croix, ministère de l'Intérieur


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré)

 

Chronologie des députés

1 VALENCE

1988 Roger LERON (soc.)

1993 Patrick LABAUNE (RPR)

1997 Michèle RIVASI (app. soc.)

2002 Patrick LABAUNE (UMP)

2 MONTÉLIMAR

1988 Alain FORT (soc.)

1993 Thierry CORNILLET (UDF)

1997 Éric BESSON (soc.)

2007 Franck REYNIER (UMP)

3 NYONS

1988 Henri MICHEL (soc.)

1993 Hervé MARITON (UDF)

1997 Michel GRÉGOIRE (soc.)

2002 Hervé MARITON (UMP)

4 ROMANS-SUR-ISÈRE

1988 Georges DURAND (UDF)

1997 Henri BERTHOLET (soc.)

2002 Gabriel BIANCHERI (UMP)

2010 Marie-Hélène THORAVAL (UMP)

 

Sénateurs

Jean BESSON (soc.); Didier GUILLAUME (soc); Bernard PIRAS (soc.)

 

Conseil général de la Drôme

18 PS, 5 UMP, 4 divers gauche, 3 divers droite, 2 EELV, 1 ARES, 1 MODEM, 1 PCF, 1 PRG

président: Didier GUILLAUME (PS)

 

Maires

VALENCE: Alain MAURICE (PS)

ROMANS-SUR-ISÈRE: Henri BERTHOLET (PS)

MONTÉLIMAR: Franck REYNIER (ARES)

BOURG-LÈS-VALENCE: Bernard PIRAS (PS)

PIERRELATTE: Yves LE BELLEC (UMP)

BOURG-DE-PÉAGE: Nathalie NIESON (PS)

PORTES-LÈS-VALENCE: Pierre TRAPIER (PCF)

LIVRON-SUR-DRÔME: Daniel JARJAT (PS)

CREST: Hervé MARITON (UMP)

SAINT-PAUL-TROIS-CHÂTEAUX: Jean-Michel CATELINOIS (divers gauche)

NYONS: Pierre COMBES (PS)

CHABEUIL: Pascal PERTUSA (PS)

LORIOL-SUR-DRÔME: Jacques LADEGAILLERIE (UMP)

TAIN-L'HERMITAGE: Gilbert BOUCHET (divers droite)

DIE: Georges BERGINIAT (divers droite)

DONZÈRE: Éric BESSON (UMP)

SAINT-RAMBERT-D'ALBON: Gérard ORIOL (ARES)

SAINT-VALLIER: Jacques CHEVAL (PS)

SAINT-MARCEL-LES-VALENCE: Dominique QUET (divers gauche)

ETOILE-SUR-RHÔNE: Sandro DUCA (PS)

CHATUZANGE-LE-GOUBET: Christian GAUTHIER (divers droite)

BEAUMONT-LES-VALENCE: Bernard CURINIER (divers droite)

ANNEYRON: Alain GENTHON (PS)

SAINT-DONAT-SUR-L'HERBASSE: Aimé CHALEON (divers droite)

 

Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Wikipedia, ministère de l'Intérieur

 

 

 

 

 

 

 

 

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Wikipedia, ministère de l'Intérieur)

 


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Parti radical de gauche, UMP, Nouveau Centre)


LIENS

Rhône-Alpes

Chronologies historiques

Page d'accueil