HAUTE-SAVOIE

(dernière mise à jour le 23 octobre 2011)

La dernière élection d'un député de gauche en Haute-Savoie remonte au  parachutage de Dominique Strauss-Kahn, en 1986. Depuis une quinzaine d'années, ce département à dominante centriste et libérale est lentement passé sous le contrôle d'une mouvance plus classique de la droite, représentée aujourd'hui par l'UMP.

Depuis 1988, aucune des cinq circonscriptions n'a vraiment été à la portée de la gauche. Les rares enjeux ont surtout existé entre les différentes tendances de la droite.

Ainsi, en 1993, la 1ere circonscription, où Jean Brocard a été réélu au premier tour en 1988, a été le théâtre d'une primaire entre le maire RPR d'Annecy-le-Vieux Bernard Accoyer et le conseiller régional UDF Jean-Claude Carle, qui se termina au second tour par la victoire du premier sur le second. La division de la gauche laissa seul le maire d'Annecy Bernard Bosson face au FN au second tour dans la 2e. Dans la 3e, ce n'est pas la division, mais la faiblesse des forces de gauche qui provoqua un autre duel entre la droite et l'extrême-droite. La victoire de Michel Meylan, bien que large, fut moins écrasante que celle de Bernard Bosson. M. Meylan, qui avait dû affronter le CNI au second tour en 1988, devait aussi compter avec deux candidats RPR et un divers droite, et surtout un FN de mieux en mieux implanté dans cette circonscription recouvrant la vallée industrielle de l'Arve

La 4e circonscription est considérée comme l'une des plus sûres pour la droite, malgré la plus grande ville de gauche haut-savoyarde, Annemasse, qu'elle recouvre. Claude Birraux fut facilement réélu, en 1988 comme en 1993. En revanche, le RPR Pierre Mazeaud eut la partie plus difficile dans la 5e, affaibli par deux candidatures UDF dissidentes en 1988, puis menacé au second tour par le divers droite Michel Vivien en 1993.

En 1997, la Haute-Savoie fut l'un des rares départements à reconduire tous ses sortants. La vague rose ne menaça guère la droite qui, comme en 1993, dut se plier au ballottage. Bien qu'ayant progressé au premier tour dans la 3e, le FN, privé de réserves de voix par l'absence de dissidence à droite, fut battu encore plus nettement par Michel Meylan. Le député le moins bien réélu est Pierre Mazeaud, qui bat tout de même le PS avec 55,39 % des voix, malgré le FN qui avait juré de faire tomber l'ancien alpiniste devenu l'une de ses bêtes noires à droite.

Le scrutin de 2002 fut à peu de choses près une répétition de celui de 1997. Dans la 3e, le FN Dominique Martin, bien qu'ayant fait moins bien qu'en 1997 au premier tour, retrouve à peu près son niveau de 1993 au second. Tous les autres députés sont réélus avec plus de 60 % des voix face à la gauche, la palme revenant à Bernard Accoyer, avec 64,15 %, après avoir raté de très peu la réélection au premier tour.

En revanche, les très bons scores de la droite dans la 4e et 5e, au second tour, masque des premiers tours plus périlleux. A 145 voix près, Claude Birraux devait affronter le maire divers droite de Ville-la-Grand, Raymond Bardet, au second tour. Un duel bien plus incertain que celui qu'il mena finalement contre la socialiste Dominique Lachenal. Jean-Marc Chavanne, ancien suppléant de Pierre Mazeaud, nommé au Conseil d'État, ne distança que d'une dizaine de points le socialiste Frédéric Zory. La candidature dissidente du maire de Thonon-les-Bains, Jean Denais ménagea un certain suspens, mais ses 9833 suffrages se reportèrent correctement sur M. Chavanne. Celui-ci devait décéder quelques mois plus tard et fut remplacé par son suppléant, le maire d'Évian-les-Bains Marc Francina.

En 2007, la gauche est quasiment réduite à faire de la figuration, alors que le FN s'effondre. La droite repasse au premier tour dans la 1ere, la 3e et la 4e. Dans la 5e, elle écrasée au second tour par Marc Francina, privé de victoire au premier tour par les 16,23 % du maire MODEM de Bogève Bernard Bouvier. La vraie surprise de ce scrutin se déroule dans la 2e. Ayant abandonné son mandat de maire d'Annecy quelques mois auparavant, le "nouveau centriste" Bernard Bosson est largement distancé au premier tour par le divers droite Lionel Tardy, soutenu par le sénateur UMP Pierre Hérisson, avant de perdre son siège au second tour.

L'hégémonie des élus de droite est presque totale au conseil général. Avant 1998, l'assemblée comptait quatre élus divers gauche, votant la plupart des dossiers de la majorité, à Alby-sur-Chéran, Reignier, Saint-Julien-en-Genevois et Thorens-Glières. Le passage de Saint-Julien à droite fut compensé par l'élection du PS Frédéric Zory à Thonon-les-Bains - Est. Puis, en 2004, la gauche mettait le pied dans l'agglomération annécienne, avec l'élection de Christian Jeantet à Annecy Nord-Ouest. En 2008, elle s'imposait aux dépens de l'UMP à Evian-les-Bains, mais devait lui céder Thorens-Glières. En 2011, le PS grappille un siège supplémentaire à Thonon-les-Bains - Ouest.

La bonne implantation de la droite réduit considérablement le pouvoir de nuisance du FN lors des cantonales. En 1994, l'extrême-droite provoque une triangulaire à Scionzier, après avoir obtenu plus de 25 % des voix au premier tour, mais le sortant divers droite est réélu. En 1998, il est présent dans une triangulaire à Alby-sur-Chéran, et deux duels à Annemasse-Nord et Cluses. En revanche, il ne figure dans aucun second tour en 2001. En 2004, il provoque une nouvelle triangulaire à Alby-sur-Chéran, et se retrouve face seul à la droite au second tour à Cluses (35,81 %) et Saint-Gervais-les-Bains. En 2011, il est présent en duel au second tour à Annemasse-Nord, et Cluses, où Dominique Martin est une nouvelle fois battu alors que ce canton passait pour prenable à l'extrême-droite.

Le rapport de forces a peu évolué dans les communes de plus de 10 000 habitants lors des quatre dernières élections municipales. 

A Annecy, Bernard Bosson était réélu en 1995 au second tour, dans une triangulaire avec le PS et le FN, qui entrait ainsi au conseil municipal. En 2001, la dissidence mégrétiste fit éclater l'extrême-droite en deux listes, laissant un boulevard au pasquaïen Jean-Yves Tanguy qui, avec 11,07 %, se maintînt au second tour. Réélu, Bernard Bosson vit toutefois son électorat s'effriter d'un petit millier de voix, perdant un siège au passage, tandis que la gauche restait stable à 37,91 % et 8 sièges. Son remplacement par Jean-Luc Rigaut en 2006 semble avoir renforcé l'équipe sortante, qui est reconduite au premier tour en 2008. Le sénateur UMP Pierre Hérisson, qui comptait de nouveau enfoncer la citadelle Bosson, après la victoire de son poulain aux législatives, doit cette fois se contenter de quatre sièges. Il semble aussi que le positionnement centriste de Jean-Luc Rigaut, ainsi que l'absence d'étiquette de sa liste, aient séduit une bonne partie de la gauche, puisque celle-ci s'effondre à 15,9 %. Elle est également débordée sur sa gauche, puisque la LCR, avec un peu plus de 1000 voix, obtient un siège.

La victoire de Jean Denais, à Thonon-les-Bains en 1995, fut bien plus délicate. Devançant le maire sortant divers droite Paul Neuraz de plus de 700 voix au premier tour, il l'emporta assez largement, à 38,15 %, dans une quadrangulaire, qui vit M. Neuraz distancé par l'UDF Gilbert Duvaut, le PS se contentant de 15,39 % et 5 sièges. En 2001, Jean Denais se retrouva au premier tour face au PS, au FN, aux Verts et à M. Duvaut. N'obtenant que 13,26 %, ce dernier jeta l'éponge. Avec 54,46 % face à la gauche unie, Jean Denais l'emporta mais sans bénéficier de toutes les voix du FN et des dissidents de droite. Avec 8 sièges, la gauche bénéficia des retombées de l'élection d'un conseiller général socialiste en 1998. En 2008, elle se retrouve en troisième position, Jean Denais devant cette fois subir la concurrence de la liste divers droite de Christophe Arminjon. La triangulaire qui suit est périlleuse pour le maire sortant, puisqu'il ne l'emporte que de 140 voix devant le PS Georges Constantin, qui a su capter une bonne partie des voix de la liste écologiste éliminée au premier tour. Cependant, il doit se contenter de 6 sièges dans le nouveau conseil municipal.

Perdant Passy mais gagnant Saint-Julien-en-Genevois et Meythet en 2001, la gauche reste stable dans les villes de plus de 3500 habitants. Ses deux fiefs les plus importants sont Annemasse et Cran-Gevrier, une commune de la banlieue annecienne. 

Avec 32,02 %, le FN s'est révélé en 1995 comme une force politique incontournable à Cluses. Réélu dans une triangulaire, Jean-Claude Léger se retrouva dans une situation délicate au soir du premier tour, en 2001. Avec 35,81 %, Dominique Martin le devançait de 251 voix, les deux autres listes (chevènementistes et divers droite) faisant jeu égal. La fusion des deux listes de droite permit d'éviter la victoire du FN, qui gagna cependant près de 500 voix entre les deux tours. En 2008, l'extrême-droite, qui pèse tout de même encore près de 24 % des suffrages, est reléguée au premier tour à la quatrième place. Jean-Claude Léger, une nouvelle fois gêné par une dissidence de droite, étant davantage menacé par le PS. Celui-ci tente en effet de le faire tomber en fusionnant avec la liste divers droite de Pierre Gallay. Même si cet attelage est coiffé au poteau de 124 voix par Jean-Claude Léger, il semble qu'il ait déplacé quelques suffrages protestataires, la liste FN de Dominique Martin subissant un affaissement de 144 bulletins entre les deux tours.

Loin de l'handicaper, la division de la droite aux élections sénatoriales de 1995 a permis de renouveler ses élus. Alors que le président du conseil général Bernard Pellarin ne se représentait pas, ses deux collègues Jacques Golliet et Raymond Bouvier, respectivement candidat isolé et figurant sur la liste UDF, étaient distancés au premier tour par Jean-Claude Carle, Pierre Hérisson, Jean-Paul Amoudry et même le divers gauche Robert Borrel. Au second tour, les trois premiers furent élus. A noter l'échec patent de la tête de liste RPR Bernard Chevallier (155 voix au premier tour, 108 au second). Un revers aujourd'hui atténué par le ralliement de MM Carle et Hérisson à l'UMP.

 

Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, La Croix, Le Figaro


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

Chronologie des députés

1 ANNECY-LE-VIEUX

1988 Jean BROCARD (UDF)

1993 Bernard ACCOYER (RPR)

2 ANNECY

1988 Bernard BOSSON (Un. du Centre)

1993 Pierre HÉRISSON (UDF)

1995 Bernard BOSSON (UDF)

2007 Lionel TARDY (UMP)

3 BONNEVILLE

1988 Michel MEYLAN (UDF)

2002 Martial SADDIER (UMP)

4 ANNEMASSE

1988 Claude BIRRAUX (Un. du Centre)

5 THONON-LES-BAINS

1988 Pierre MAZEAUD (RPR)

1998 Jean-Marc CHAVANNE (RPR)

2003 Marc FRANCINA (UMP)

 

Sénateurs

Jean-Paul AMOUDRY (Un. centriste et rép.); Jean-Claude CARLE (UMP); Pierre HERISSON (UMP)

 

Conseil général de Haute-Savoie

13 divers droite, 9 UMP, 5 ARES, 3 divers gauche, 3 PS, 1 MODEM

président: Christian MONTEIL (divers droite)

 

Maires

ANNECY: Jean-Luc RIGAUT (ARES)

THONON-LES-BAINS: Jean DENAIS (UMP)

ANNEMASSE: Christian DUPESSEY (divers gauche)

ANNECY-LE-VIEUX: Bernard ACCOYER (UMP)

CLUSES: Jean-Claude LÉGER (UMP)

CRAN-GEVRIER: Jean BOUTRY (PS)

SEYNOD: Françoise CAMUSSO (UMP)

SALLANCHES: Georges MORAND (UMP)

RUMILLY: Pierre BECHET (UMP)

BONNEVILLE: Martial SADDIER (UMP)

PASSY: Gilbert PETIT-JEAN (divers droite)

GAILLARD: Renée MAGNIN (UMP)

CHAMONIX-MONT-BLANC: Eric FOURNIER (ARES)

SAINT-JULIEN-EN-GENEVOIS: Jean-Michel THENARD (PS)

LA ROCHE-SUR-FORON: Michel THABUIS (divers droite)

MEYTHET: Sylvie GILET DE THOREY (PS)

VILLE-LA-GRAND:  Raymond BARDET (divers droite)

FAVERGES: Jean-Claude TISSOT-ROSSET (divers droite)

SCIONZIER: Maurice GRADEL (divers droite)

AMBILLY: Guillaume MATHELIER (PS)

POISY: Pierre BRUYÈRE (divers droite)

MARIGNIER: Raymond MUDRY (divers droite)

VETRAZ-MONTHOUX: Michelle AMOUDRUZ (divers droite)

SAINT-GERVAIS-LES-BAINS: Jean-Marc PEILLEX (divers droite)

REIGNIER: Jean-François CICLET (divers gauche)

THÔNES: Jean-Bernard CHALLAMEL (divers droite)

SAINT-PIERRE-EN-FAUCIGNY: Marin GAILLARD (divers droite)

SAINT-JORIOZ: Michel BEAL (divers droite)

PUBLIER: Gaston LACROIX (divers gauche)

THYEZ: Gilbert CATALA (divers droite)

MEGÈVE: Sylviane GROSSET-JANIN (divers droite)

MARNAZ: Loïc HERVE (divers droite)

CRANVES-SALES: Bernard BOCCARD (divers droite)

SCIEZ: Jean-Luc BIDAL (divers droite)

BONS-EN-CHABLAIS: Jean-Paul ROCH (divers droite)

DOUVAINE: Jean-François BAUD (divers droite)

LA BALME-DE-SILLINGY: François DAVIET (divers gauche)

 

Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, La Croix, ministère de l'Intérieur, Politiquemania

 

 

 

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, ministère de l'Intérieur)


Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Journal officiel, La Croix, ministère de l'Intérieur, Politiquemania)

LIENS

Rhône-Alpes

Chronologies historiques

Page d'accueil