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ISÈRE |
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Trois circonscriptions de droite, trois de gauche, les trois dernières passant d'un camp à l'autre au gré des vagues roses ou bleues. Alors que la gauche est solidement implantée dans le Haut-Dauphiné, la droite domine le nord du département et de l'agglomération grenobloise. Si le premier constat a peu à peu volé en éclat, le second est devenu en 2007 une réalité géopolitique en Isère. En 1988, l'Isère, département plutôt progressiste mais dirigé par le RPR modéré Alain Carignon, comptait six députés de gauche pour trois de droite. En 1993, la situation était inversée, la gauche parvenant à sauver les meubles. Le maire de Vienne, l'ancien ministre Louis Mermaz, s'inclinait dans la 8e circonscription, affaibli par le score médiocre de sa liste aux européennes de 1992. Même chose pour le maire de Saint-Égrève Jean-François Delahais, dans la 5e. Ce proche de Jean-Pierre Chevènement, devenu député après la nomination d'Edwige Avice au gouvernement, était très contesté au sein du PS après son vote contre la guerre du Golfe. Enfin, dans la 9e, le maire de Voreppe Michel Hannoun, candidat malheureux à ce fauteuil depuis 1981, battait nettement André Vallini, suppléant d'Yves Pillet qui, il est vrai, avait été élu de justesse en 1988. A gauche, la surprise vint de Didier Migaud, qui parvint à résister à l'assaut en règle du maire de la station de l'Alpe-d'Huez, Jean-Guy Cupillard, sur la 4e circonscription. A noter que l'effondrement de la gauche laissaient Alain Moyne-Bressand et Georges Colombier seuls face au FN, dans un Nord-Isère de plus en plus gagné par l'insécurité et les problèmes sociaux. Dans la 2e circonscription, le PS laissait la place au PCF. Le député sortant Jean-Pierre Luppi, arrivé en troisième position, avait été un temps exclu du PS pour s'être présenté contre le maire communiste de Saint-Martin-d'Hères aux municipales de 1989. Les élections de 1997 apportèrent un retour de balancier. Louis Mermaz récupéra son siège, André Vallini s'imposa face à un Michel Hannoun emporté par la chute d'Alain Carignon, et François Brottes eut raison de Philippe Langénieux-Villard dans la 5e circonscription. En 2002, l'alternance fut de faible ampleur. Le nouveau maire de Vienne, Jacques Remiller, s'empara de la 8e circonscription, après une primaire sauvage ayant opposé l'ancien ministre socialiste Christian Nucci et le Vert Michel Wilson, officiellement soutenu par le PS. En 2007, la vague bleue annoncée se transforme en partage géopolitique. Avec la reconduction au premier tour de Georges Colombier, et les bons scores d'Alain Moyne-Bressand et Jacques Remiller, l'UMP domine au nord d'une ligne Voiron - Saint-Marcellin. Au sud, c'est le règne sans partage du PS, au dépens de l'UMP mais aussi du PCF. Très implantés dans les 1ere et 2e circonscription, ces deux mouvements ont sombré dans les divisions. Dans la 1ere, la candidature d'Alain Carignon, soutenu par les instances nationales de l'UMP, a agi comme un repoussoir sur l'électorat de Richard Cazenave, éliminé au premier tour. Il est très nettement battu par la socialiste Geneviève Fioraso. Dans la 2e, le retrait de Gilbert Biessy a aiguisé les appétits des maires communistes d'Echirolles et Saint-Martin-d'Hères... qui ont du se contenter de soutenir leur collègue socialiste de Gières Michel Issindou face à la droite au second tour. Le PS retrouve ses quatre autres sièges. Au conseil général, la césure Nord-Sud est moins évidente. Président jusqu'en 1994, Alain Carignon brouilla longtemps les cartes en établissant un véritable cordon sanitaire entre sa majorité et l'opposition de gauche. Il suscita ainsi la création d'un mouvement local, l'Espace Nouvelle Gauche, à laquelle se rallièrent des conseillers généraux tels que Jean Genet (Morestel), Gérard Cardin (Corps) ou Alain Rossot (L'Isle-d'Abeau), et présidé par le vulcanologue et ancien ministre de François Mitterrand Haroun Tazieff, élu à Grenoble V en 1988. Les déboires judiciaires d'Alain Carignon provoquèrent une lente chute de la droite départementale à la fin des années 90. En 1998, puis 2001, les derniers représentants du "système Carignon", tels que Claude Péquignot (La Mure), Denis Bonzy (Vif), ou Jean-Guy Cupillard (Bourg-d'Oisans), durent céder leurs sièges à la gauche. Élu président du conseil général en 1998, Bernard Saugey ne parvint pas à enrayer cette évolution. Le socialiste André Vallini lui succéda en 2001. La droite, de nouveau conduite par Alain Carignon, crut son heure venue en 2004. Mais elle dut réviser ses espoirs de reconquête, aiguisés par la courte majorité de M. Vallini. Non seulement la gauche ne lui céda aucun canton, mais elle en obtînt trois nouveaux: Voiron, où le maire UMP Michel Brizard est nettement battu, Valbonnais, où l'ancien "nouvelle gauche" Marcel Berthier se retrouve troisième d'une triangulaire, et Saint-Marcellin, où la dissidence du divers droite Michel Villard coûte son siège à Robert Pinet, unique élu UDF du département. A noter aussi l'élection du Vert Olivier Bertrand, au second tour face au socialiste Jean-Paul Giraud, à Grenoble I. L'Isère devient ainsi, pour ce mandat, le département ayant le plus d'élus verts. La majorité de gauche effectue une nouvelle poussée lors des cantonales de 2008, parallèlement à ses résultats aux municipales. Ainsi, tous les cantons de Grenoble et de Bourgoin-Jallieu se retrouvent-ils à gauche. La droite perd également La Tour-du-Pin et Vizille, remporté par le PS, au détriment du PCF qui comptait remettre la main sur ce vieux fief. Les communistes perdent aussi un siège, à Allevard, au profit de l'ancien député Philippe Langenieux-Villard. Pour conquérir et tenir le département, Alain Carignon s'appuya sur sa mairie de Grenoble, enlevée aux socialistes au premier tour, à la surprise générale, en 1983. Sa chute ouvrit un boulevard au député socialiste Michel Destot, en 1995. Battant son collègue RPR Richard Cazenave, trop marqué à droite pour cette ville influencée à la fois par le socialisme et le gaullisme, il doit depuis composer avec ses alliés écologistes et associatifs. Le scrutin de 2001 fut un sérieux avertissement, le divers droite Max Micoud manquant l'élection de 900 voix au second tour. Les Verts font une nouvelle fois cavalier seul en 2008, mais cela ne suffit pas à menacer Michel Destot. Ayant fait alliance avec le MODEM, il domine largement ce scrutin, face au président des jeunes UMP, Fabien de Sans Nicolas, encore trop peu connu localement. Les Verts se maintiennent au second tour, et obtiennent plus de 20 % et six sièges, trop peu cependant pour peser sur ce mandat. L'agglomération grenobloise est l'une des dernières, hors région parisienne, à posséder une ceinture rouge ayant résisté à toutes les dernières vagues de droite. Elle sort cependant assez ébranlée des municipales de 2008. Le PS en profite pour prendre Le Pont-de-Claix. les communistes manquent aussi de peu de perdre Fontaine. Autre succès pour le PS: Voiron. En 2001, la droite eut du mal à s'imposer dans cette commune qu'elle gère depuis 1983, une quadrangulaire l'opposant à la gauche, à des dissidents centristes et à des environnementalistes. Contrairement à ce qui s'est passé à Grenoble, gauche et Verts sont parvenus en 2008 à s'entendre dans cette ville où les écologistes dépassent régulièrement les 10 % depuis le début des années 90. Ils triomphent ainsi d'une droite en très nette perte de vitesse. Dans le nord, en revanche, la droite est globalement dominante dans les conseils municipaux. Les passages à droite de Villefontaine en 1995, puis de Vienne en 2001, donnèrent à Bourgoin-Jallieu le statut de citadelle de gauche sur des terres de droite. Statut qu'elle perdit en 2007 après la partielle qui vit la victoire du conseiller général socialiste André Collomb-Bouvard à L'Isle-d'Abeau. En 2008, la gauche parvient aussi à faire basculer la sous-préfecture de La Tour-du-Pin. Le changement de scrutin provoqua le recul de la droite aux sénatoriales de 2001. Détenant les quatre sièges, éclatée en trois listes, elle laissa le leadership à la gauche, qui arriva en tête, envoyant Louis Mermaz et la communiste Annie David au Palais du Luxembourg. Bernard Saugey obtint le troisième siège, laissant le quatrième au seul sortant réélu, le conseiller général de Villard-de-Lans Jean Faure. Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré
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Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 GRENOBLE I, II, IV 1988 Richard CAZENAVE (RPR) 2007 Geneviève FIORASO (soc., rad. et cit.) 2 ÉCHIROLLES 1988 Jean-Pierre LUPPI (soc.) 1993 Gilbert BIESSY (com.) 2007 Michel ISSINDOU (soc., rad. et cit.) 3 GRENOBLE III, V, VI 1988 Michel DESTOT (soc.) 4 VIF 1988 Didier MIGAUD (soc.) 5 SAINT-ÉGRÈVE 1988 Jean-François DELAHAIS (soc.) 1993 Philippe LANGENIEUX-VILLARD (RPR) 1997 François BROTTES (soc.) 6 BOURGOIN-JALLIEU NORD 1988 Alain MOYNE-BRESSAND (UDF) 7 BOURGOIN-JALLIEU SUD 1988 Georges COLOMBIER (UDF) 8 VIENNE 1988 Louis MERMAZ (soc.) 1990 René BOURGET (soc.) 1993 Bernard SAUGEY (UDF) 1997 Louis MERMAZ (soc.) 2002 Jacques REMILLER (UMP) 9 VOIRON 1988 Yves PILLET (soc.) 1993 Michel HANNOUN (RPR) 1997 André VALLINI (soc.)
Sénateurs Annie DAVID (com., rép. et cit.); Jean FAURE (UMP); Louis MERMAZ (soc.); Bernard SAUGEY (UMP)
Conseil général de l'Isère 24 PS, 11 UMP, 10 divers droite, 6 PCF, 5 divers gauche, 2 Verts président: André VALLINI (PS)
Maires GRENOBLE: Michel DESTOT (PS) SAINT-MARTIN-D'HÈRES: René PROBY (PCF) ÉCHIROLLES: Renzo SULLI (PCF) VIENNE: Jacques REMILLER (UMP) FONTAINE: Yannick BOULARD (PCF) BOURGOIN-JALLIEU: Alain COTTALORDA (PS) VOIRON: Roland REVIL (PS) MEYLAN: Marie-Christine TARDY (UMP) VILLEFONTAINE: Raymond FEYSSAGUET (divers droite) SAINT-ÉGRÈVE: Catherine KAMOWSKI (divers droite) SEYSSINET-PARISET: Marcel REPELLIN (divers droite) L'ISLE-D'ABEAU: André COLLOMB-BOUVARD (PS) LE PONT-DE-CLAIX: Christophe FERRARI (PS) SASSENAGE: Christian COIGNE (NC) EYBENS: Marc BAIETTO (PS) VOREPPE: Jean DUCHAMP (PS) CROLLES: François BROTTES (PS) CHARVIEU-CHAVAGNEUX: Gérard DEZEMPTE (UMP) MOIRANS: Gérard SIMONET (UMP) VIZILLE: Serge GROS (Les Verts) ROUSSILLON: Michel BERTHOUARD (PCF) CLAIX: Michel OCTRU (divers droite) TULLINS: Maurice MARRON (PS) SAINT-MARCELLIN: Jean-Michel REVOL (divers gauche) VILLARD-BONNOT: Daniel CHAVAND (divers droite) SEYSSINS: Didier MIGAUD (PS) LA TOUR-DU-PIN: Alain RICHIT (PS) VIF: Jean MOUREY (divers droite) PONTCHARRA: Charles BICH (PS) LA TRONCHE: Hervé-Jean BERTRAND-POUGNAND (UMP) DOMÈNE: Michel SAVIN (UMP) LE PEAGE-DE-ROUSSILLON: Christine MASSON (PS) GIERES: Michel ISSINDOU (PS) SAINT-ISMIER: Lucile FERRADOU (divers droite) SAINT-QUENTIN-FALLAVIER: Michel BACCONNIER (divers gauche) RIVES: Alain DEZEMPTE (PS) SAINT-MAURICE-L'EXIL: Francis CHARVET (divers gauche) VARCES-ALLIERES-ET-RISSET: Jean-Jacques BELLET (divers droite) SAINT-MARTIN-LE-VINOUX: Yannick OLLIVIER (PS) LA MURE: Fabrice MARCHIOL (UMP) TIGNIEU-JAMEYZIEU: André PAVIET-SALOMON (PS) CHASSE-SUR-RHÔNE: Jean-Pierre RIOULT (PS) SAINT-MARTIN-D'URIAGE: Bruno MURIENNE (divers gauche) PONT-DE-CHÉRUY: Alain TUDURI (divers droite) LA CÔTE-SAINT-ANDRÉ: Jacky LAVERDURE (PS) SAINT-LAURENT-DU-PONT: Jean-Louis MONIN (divers gauche) LES AVENIERES: Gilbert MERGOUD (divers droite) HEYRIEUX: Daniel ANGONIN (divers droite) JARRIE: Raphaël GUERRERO (divers gauche) CHAVANOZ: Roger DAVRIEUX (divers droite) VILLETTE-D'ANTHON: Daniel BERETTA (MPF) CORENC: Jean-Pierre VICARIO (divers droite) BEAUREPAIRE: Philippe MIGNOT (PS) SAINT-JEAN-DE-BOURNAY: Jean-Pascal VIVIAN (PS) MONTBONNOT-SAINT-MARTIN: Pierre BEGUERY (divers droite) LE VERSOUD: Daniel CHARBONNEL (PS) VILLARD-DE-LANS: Chantal CARLIOZ (divers droite) COUBLEVIE: Dominique PARREL (divers gauche) SALAISE-SUR-SANNE: Jackie CROUAIL (PCF) SAINT-CLAIR-DU-RHÔNE: Jean NEMOZ (divers droite) RUY: Guy RABUEL (divers gauche) VINAY: Laura BONNEFOY (divers droite)
Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, ministère de l'Intérieur |
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Carte 2: cantons (sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, ministère de l'Intérieur) |
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur) |
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LIENS |
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