SAVOIE

En Savoie, la gauche se contente depuis une dizaine d'années de jouer les seconds rôles, alors que ses bons résultats électoraux lui permettaient de nourrir quelques espoirs à la fin des années 80.

Ainsi, en 1988, le PS détenait-il deux circonscriptions sur trois, la 1ere et la 3e, arrachées à la droite en 1973. La vague bleue de 1993 bouta la gauche savoyarde hors de la représentation nationale. Si l'UDF dissident Gratien Ferrari, gêné par la candidature du RPR Jean-Pierre Vial, eut fort à faire pour avoir raison de Jean-Paul Calloud, suppléant du maire de Chambéry, Michel Bouvard battit nettement Roger Rinchet.

En 1997, le PS n'a pas profité de la vague rose, malgré sa progression aux sénatoriales. La 1ere circonscription semblait la plus gagnable après la défaite de Gratien Ferrari aux municipales. Son successeur, Dominique Dord, s'impose assez nettement. En revanche, l'homme fort du parc national de la Vanoise, Michel Bouvard, est chahuté par la gauche, qu'il ne bat que de 1400 voix au second tour. Même si elle échoue dans sa reconquête, la gauche inflige cependant un ballottage à Hervé Gaymard dans la 2e circonscription. Habitué à reconduire son député sortant au premier tour, ce fief de droite n'accorde au premier tour qu'un peu plus de 37 % des voix à l'ancien suppléant de Michel Barnier.

Le scrutin de 2002 est sans surprise et voit la reconduction des trois sièges de droite. Malgré ses bons scores à la présidentielle de 2002, le FN sera toujours resté absent du deuxième tour des législatives.

En 2007, il est réduit à la portion congrue, ce qui ne bouleverse pas la géopolitique locale. Dominique Dord est réélu au premier tour, tout comme Hervé Gaymard qui réussit son retour en politique. Seul Michel Bouvard, victime sans doute d'une certaine usure, est reconduit au second tour avec un score moindre qu'en 2002, du fait de mauvais reports.

A noter que la Savoie a donné trois ministres à la France ces quinze dernières années: Louis Besson au Logement (1989-1993 et 1997-2002), Michel Barnier à l'Environnement (1993-1995), aux Affaires européennes (1995-1997), étrangères (2004-2005), et à l'Agriculture (depuis 2007) et Hervé Gaymard à la Santé (1995-1997), à l'Agriculture (2002-2004) et au Budget (2004-2005). Ces deux derniers ont été élus de la 2e circonscription, ce qui explique que ce siège ait eu quatre titulaires de la même mouvance en quatre législatures.

Au conseil général, la droite est également dominante depuis 1982, avec un peu moins de deux tiers des élus. La gauche est surtout présente dans l'agglomération chambérienne et dans le centre du département. Les communistes ne détiennent qu'un fief, Aiguebelle, et les Verts ont conquis Chambery-Sud en 2008.

Longtemps présidée par Michel Barnier, l'assemblée départementale, lorsque celui-ci est devenu commissaire européen en 1999, a élu à sa tête Hervé Gaymard, qui a dû démissionner à sa nomination au gouvernement en 2002, avant de revenir en 2008.

Au niveau municipal, la gauche détient la préfecture de Chambéry, prise à la droite en 1989 par le ministre du Logement Louis Besson. En 1995, M. Besson triomphait dans une triangulaire l'opposant à l'UDF Dominique Dord et le FN, qui faisait son entrée au conseil municipal. En 2001, sa réélection fut bien plus étriquée. En l'absence du FN, il se retrouva au premier tour face à un jeune conseiller régional libéral, Xavier Dullin, qu'il ne battit que de 170 voix. L'arrivée de la conseillère régionale socialiste Bernardette Laclais permit d'apporter du sang neuf à l'équipe en place. Ayant succédé à Louis Besson quelques mois avant les municipales de 2008, elle remporte celles-ci au premier tour. A noter que la LCR obtient un siège durant ce scrutin.

La deuxième et la troisième commune du département, Aix-les-Bains et Albertville, aiguisent traditionnellement les appétits de la droite, tandis que la gauche, jusqu'en 2008, s'est contentée de compter les points.

En 1995, Gratien Ferrari, qui avait délogé le RPR André Grosjean de l'hôtel de ville d'Aix-les-Bains six ans plus tôt, est distancé par son prédécesseur. Mais, en 2001, M. Grosjean doit à nouveau céder la place à un concurrent de droite, en la personne de Dominique Dord. Celui-ci est réélu dès le premier tour en 2008, alors que Gratien Ferrari ne dépasse pas la barre des 10 %.

Les élections de 1995 ont également vu le remplacement d'un maire de droite par un autre de la même tendance à Albertville. Très contesté pour sa gestion pendant et après les Jeux olympiques de 1992, Henry Duchamp, exclu du RPR, n'obtient que 15,42 % des voix, tandis qu'Albert Gibello est élu au premier tour. La gauche s'est éparpillée entre une liste PS, une seconde du PCF et une troisième des Verts qui, avec 6,68 %, font leur entrée au conseil municipal. En 2001, M. Gibello passera également au premier tour, avec un score équivalent (50,03 % contre 50,06 % en 1995), face à la gauche unie et M. Duchamp, qui obtiendra un résultat médiocre, avec un peu plus de 12 % des voix. En 2008, Albert Gibello est seul face au socialiste Philippe Masure. A la surprise générale, il est victime d'une mauvaise mobilisation des voix de droite, et est battu de 120 suffrages.

La surprise du scrutin de 2001 vint de La Motte-Servolex. Détenue par l'UDF Jean Germain, cette commune de la banlieue chambérienne rejoignit la poignée de villes de plus de 10 000 habitants gérées par les Verts. Gérard Perrier, qui conduisait l'unique liste opposée à celle du maire sortant, s'imposa avec seulement 59 voix d'avance. Mais, en 2008, il ne pèse qu'un peu plus de 46 % face à deux listes de droite. Au second tour, l'UMP Luc Berthoud a relativement facilement raison de lui, dans cette commune à la sociologie il est vrai assez peu favorable à la gauche.

La victoire du PS à Chambéry en 1989, ainsi que la division de la droite, a permis à la gauche de récupérer en 1995 le siège de sénateur qu'elle détenait jusqu'en 1986.  Avec 532 voix, Michel Barnier succéda dès le premier tour à l'ancien maire de Chambéry Pierre Dumas. Étant membre du gouvernement, il dut céder son siège à son suppléant Jean-Pierre Vial.

En revanche, l'UDF Pierre Blanc dut affronter au deuxième tour le maire de Montmélian et ancien député Roger Rinchet, qu'il avait battu en 1986, ainsi que le RPR Daniel Dufreney et le FN Jean-Marie Barbier. Malgré cette quadrangulaire, M. Rinchet obtint la majorité absolue, précisément 38 voix de plus que le total des suffrages du PS, du PCF et des Verts au premier tour. En revanche, MM Blanc, Dufreney et Barbier ont perdu respectivement 22, 36 et 12 suffrages. La droite a payé ici cher un éparpillement qui était devenu traditionnel durant les scrutins nationaux des années 90.

En revanche, 2004 marqua le retour de l'union à droite, sous la bannière UMP, ce qui permit la réélection au premier tour de Jean-Pierre Vial. La gauche, en revanche, se présentait en ordre dispersée entre PS, PCF, Verts et divers gauche. Le président (PS) de la communauté d'agglomération de Chambéry, Thierry Repentin, arrivé troisième au premier tour, bénéficia cependant de reports suffisants pour l'emporter au second contre le conseiller général d'Albens, Claude Giroud. 

 

Sources: Le Monde, le Dauphiné Libéré


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

 

Chronologie des députés

1 CHAMBERY-NORD, AIX-LES-BAINS

1988 Louis BESSON (soc.)

1989 Jean-Paul CALLOUD (soc.)

1993 Gratien FERRARI (UDF)

1997 Dominique DORD (DL)

2 ALBERTVILLE

1988 Michel BARNIER (RPR)

1993 Hervé GAYMARD (RPR)

1995 Auguste PICOLLET (RPR)

1997 Hervé GAYMARD (RPR)

2002 Vincent ROLLAND (UMP)

2007 Hervé GAYMARD (UMP)

 3 CHAMBERY-SUD, SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE

1988 Roger RINCHET (soc.)

1993 Michel BOUVARD (RPR)

 

Sénateurs

Thierry REPENTIN (soc.); Jean-Pierre VIAL (UMP)

 

Conseil général de Savoie

10 UMP, 9 divers droite, 9 PS, 4 divers gauche, 2 MODEM, 1 PCF, 1 PRG, 1 Vert

président: Hervé GAYMARD (UMP)

 

Maires

CHAMBÉRY: Bernadette LACLAIS (PS)

AIX-LES-BAINS: Dominique DORD (UMP)

ALBERTVILLE: Philippe MASURE (PS)

LA MOTTE-SERVOLEX: Luc BERTHOUD (UMP)

SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE: Pierre-Marie CHARVOZ (UMP)

UGINE: Franck LOMBARD (UMP)

BOURG-SAINT-MAURICE: Damien PERRY (divers droite)

LA RAVOIRE: Patrick MIGNOLA (MODEM)

COGNIN: Claude VALLIER (PS)

SAINT-ALBAN-LEYSSE: Michel DYEN (divers gauche)

BARBERAZ: David DUBONNET (divers droite)

MOÛTIERS: Philippe NIVELLE (UMP)

LE BOURGET-DU-LAC: Edouard SIMONIAN (PS)

CHALLES-LES-EAUX: Daniel GROSJEAN (UMP)

MONTMÉLIAN: Béatrice SANTAIS (PS)

MODANE: Jean-Claude RAFFIN (divers gauche)

JACOB-BELLECOMBETTE: Brigitte BOCHATON (divers droite)

BASSENS: Jean-Pierre BURDIN (PRG)

 

Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, ministère de l'Intérieur

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, ministère de l'Intérieur)

 


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Journal officiel, ministère de l'Intérieur, Parti radical de gauche)


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